LE MAGAZINE DES SAINES GOURMANDISES
Home Sommaire Recettes Produits Liens Archives Contact
 Article - La Cerise N° 21 Septembre - Octobre

Syndrome métabolique: la santé passe aussi par l'assiette


Le syndrome métabolique peut connaître une nette amélioration en soignant le contenu de son assiette et en faisant chaque jour un peu d'activité physique.


Tous les ans, la Ligue Cardiologique Belge organise une semaine du coeur. Au cours de cette semaine, une problématique est mise à l'honneur. Cette année, du 23 au 29 septembre, la Ligue s'est fixé pour mission de sensibiliser le grand public au syndrome métabolique.


Quand le métabolisme se dérègle

Le métabolisme, c'est l'ensemble des réactions biochimiques qui se passent dans le corps pour que celui-ci fonctionne. Par exemple, la digestion et la respiration nécessitent de nombreuses réactions pour fournir de l'énergie au corps, qui dépense cette énergie par le mouvement ou simplement par le fonctionnement des organes (coeur, cerveau, système digestif...). L'ensemble de ces réactions constituent le métabolisme. Dans certains cas, le métabolisme connaît des anomalies: les réactions ne se font plus de la même manière que chez une personne en bonne santé. Il peut en résulter différentes maladies. Un taux de cholestérol trop élevé peut résulter d'un problème au niveau du métabolisme des lipides, et un diabète de type 2 d'un dérèglement du métabolisme des glucides. Ce que l'on appelle « syndrome métabolique », c'est une association de plusieurs anomalies du métabolisme, qui sont liées entre elles. Le grand point d'ombre du syndrome métabolique, c'est qu'il augmente très fortement les risque de présenter des maladies cardio-vasculaires et même d'en mourir. Voilà pourquoi les médecins le prennent très au sérieux, et aussi pourquoi la Ligue Cardiologique Belge a décidé d'en parler cette année.


Autant de menaces pour le coeur

Le syndrome métabolique est une association très complexe de différents symptômes. Les scientifiques eux-mêmes ont mis du temps à s'accorder sur sa définition actuelle, qui a beaucoup évolué avant de prendre la forme qu'on lui connaît. Pour pouvoir parler de syndrome métabolique, il faut obligatoirement que la personne concernée présente un surpoids localisé autour de la taille. Pour cela, on mesure le tour de taille à l'endroit le plus fin à l'aide d'un mètre ruban: si cette mesure est plus grande que 94 cm chez un homme et que 80 cm chez une femme, c'est suffisant pour parler d'excès de graisse abdominale. Ce critère est très important car c'est surtout la graisse localisée au niveau de l'abdomen qui peut avoir des conséquences néfastes sur le métabolisme. Mais le tour de taille à lui seul ne suffit pas pour parler de syndrome métabolique. Cette mesure doit être complétée de deux autres anomalies métaboliques parmi les quatre qui ont été reconnues comme ayant une influence capitale sur le risque cardio-vasculaire. Quelles sont-elles? Concernant les troubles du métabolisme des lipides, il s'agit d'un taux sanguin de triglycérides trop élevé ou d'un taux de bon cholestérol (HDL) trop bas. Concernant le métabolisme des glucides, un taux de sucre dans le sang trop élevé est problématique. Il ne s'agit pas encore de diabète, néanmoins on parle déjà de résistance à l'insuline, un état qui précède le diabète. L'insuline est une hormone qui permet au sucre présent dans le sang de rentrer dans les cellules. En cas de résistance à l'insuline, cette hormone est produite en quantités suffisantes mais les cellules y sont moins réceptives et donc le sucre du sang y entre moins vite. Avoir un taux sanguin de sucre trop élevé est néfaste pour les vaisseaux. Enfin, le dernier point critique est l'hypertension (pression sanguine supérieure à 130/85 mmHg).


Le meilleur médicament est dans l'assiette

Une personne qui présente un syndrome métabolique doit être suivie médicalement. Le médecin lui prescrira sûrement certains médicaments contre l'hypertension ou contre le mauvais cholestérol du sang. Mais il faut savoir que soigner ce que l'on met dans son assiette et faire un peu d'exercice peut déjà apporter une amélioration considérable. L'exercice physique aide à lutter contre l'hypertension et la résistance à l'insuline. De plus, bouger permet de dépenser plus de calories et peut aider à diminuer le surpoids et donc le tour de taille. Modifier son alimentation est également un point essentiel dans la lutte contre le syndrome métabolique. Pour cela, on peut agir sur deux plans: premièrement, en améliorer la qualité par de meilleurs choix alimentaires et deuxièmement, réduire légèrement les quantités consommées afin de perdre du poids. Pas question ici de régime drastique mais bien de perte de poids modérée, progressive et durable. Rien ne sert de viser la taille mannequin, perdre 5 à 10% de son poids de départ permet déjà d'observer des améliorations des perturbations métaboliques! Et en ce qui concerne la qualité de l'alimentation, il s'agit de plusieurs choses assez simples qui, mises bout à bout, peuvent faire toute la différence:

· Choisir des produits céréaliers complets (pain, pâtes, riz)
· Augmenter sa consommation de fruits et légumes (5 portions par jour minimum)
· Modérer la consommation de viande et opter pour des viandes peu grasses
· Manger du poisson deux fois par semaine
· Opter pour de bonnes matières grasses et les alterner: minarine sur le pain et huile pour la cuisson
· Limiter les fritures et les friandises
· A table, faire l'impasse sur la salière

Magali Jacobs, Diététicienne
Google