LE MAGAZINE DES SAINES GOURMANDISES
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 Article - La Cerise N° 21 Septembre - Octobre

Faire les bons choix pour la collation


A double tranchant, la collation peut être source de déséquilibre alimentaire ou au contraire contribuer à équilibrer les apports alimentaires d'une journée. Il est donc important de bien choisir les aliments qui la composent!


Lorsqu'on parle d'équilibre alimentaire, la question de la prise de collation est un sujet qui suscite encore bien des controverses. On accuse la collation d'aller à l'encontre du principe selon lequel il ne faut pas manger entre les repas. Dans cette optique, manger entre les repas est synonyme de grignotage et soulève deux problèmes. Premièrement, on ingérerait ainsi des calories supplémentaires qui pourraient causer à terme un excès de poids. Deuxièmement, la qualité des aliments qui sont consommés entre les repas laisse souvent à désirer. Mais à l'inverse, la collation peut être considérée comme la prise d'une petite quantité d'aliments de bonne qualité nutritionnelle (fruit, laitage, produit céréalier complet) pour combler un petit creux et aider à patienter jusqu'à la pause de midi ou jusqu'au repas du soir. La valeur de la collation dépend donc en grande partie de la façon dont on la conçoit. Si elle peut donner lieu à des déséquilibres alimentaires, on peut aussi profiter de cette prise alimentaire complémentaire pour apporter des aliments qui manquent parfois au menu. Et c'est là que les fruits, les laitages et les produits céréaliers peuvent vraiment occuper une place de choix et faire la différence.


Grignotage ou collation ?

La collation et le grignotage: on a bien du mal à distinguer les deux. L'année passée déjà, le Centre de Recherche et d'Information des Organisations de Consommateurs (CRIOC) s'était penché sur le grignotage afin d'en savoir un peu plus sur la place qu'il occupe dans les habitudes alimentaires des adultes belges. Résultat: 42% de nos concitoyens déclarent qu'il leur arrive de grignoter, et ce en moyenne 2,5 fois par jour. Quant à savoir ce que l'on grignote le plus, en semaine, bonne surprise, ce sont les fruits qui arrivent en tête avec 34% des personnes interrogées qui déclarent en manger. Suivent de près les barres chocolatées (32%), les barres de céréales et les bonbons (12% chacun), les biscuits salés (11%), la charcuterie (9%), les chips (8%), les noix, olives et cacahuètes (7%), la catégorie « autres » (6%), les produits laitiers, les pâtisseries et enfin les fromages (5% chacun). Par ailleurs, dix-sept pour cent des personnes interrogées grignotent tous les jours. Les raisons évoquées pour le grignotage sont principalement le plaisir et la faim. L'enquête introduit également une nuance importante: le grignotage quotidien peut être considéré comme une collation de par son caractère régulier mais ne concerne qu'une minorité des personnes interrogées. Or, prendre une collation de 10 heures et/ou un goûter, à condition qu'ils soient équilibrés, peut être considéré comme une habitude saine, contrairement au grignotage. La préoccupation principale n'est donc pas d'interdire les apports alimentaires entre les repas, mais de promouvoir la consommation de collations structurées et équilibrées.


Le dix-heures

La collation de la matinée n'est, bien entendu, pas indispensable. Elle peut toutefois se révéler bien utile au cas où l'estomac crierait famine. Pour les enfants comme pour les adultes, la cause du « petit creux de dix heures » est souvent attribuée à un petit déjeuner insuffisant ou même quelquefois absent. Bien entendu, la collation ne doit pas être un prétexte pour sauter le petit déjeuner, mais tenir lieu de petit complément qui joint l'utile à l'agréable. Pour les enfants, c'est l'occasion rêvée de leur proposer un fruit frais et facile à manger (une pomme à croquer, une mandarine ou une banane à peler, des raisins... ou encore des fruits secs) pour la cour de récréation, un produit laitier (une petite brique de lait ou un yaourt à boire par exemple) ou des produits céréaliers. Pour ces derniers, le choix va de la tartine, de pain gris de préférence, au biscuit sec. Opter pour le bon biscuit n'est pas toujours facile. Tous les biscuits pour les enfants ne sont pas forcément idéaux: trop de lipides et/ou des lipides de mauvaise qualité, trop de sucres ajoutés... Voici quelques conseils si dénicher un biscuit pour vos bambins relève pour vous du casse-tête. Tout d'abord, côté pratique, il est vrai que les emballages inividuels sont avantageux. Portez toutefois attention à la quantité: pour un enfant, 30 à 50 grammes par portion suffisent largement. Ensuite, optez plutôt pour un biscuit simple, sans fourrage ou nappage, et si possible aux céréales complètes. Enfin, regardez l'emballage du paquet: si l'étiquetage nutritionnel renseigne moins de 15 grammes de lipides par 100 grammes de biscuit, il s'agit d'un biscuit qui ne sera pas trop gras. Pour imager ceci: mieux vaut quatre petits beurres qu'une gaufre ou une barre chocolatée! Bien entendu, celles-ci ne doivent pas être bannies, mais une collation de ce type par semaine suffit.


Le goûter des petits et des grands

Contrairement à ce que l'on dit parfois, les personnes qui prennent régulièrement un goûter ne pèsent pas plus lourd que les autres! Le goûter doit être considéré comme un petit repas. A ce titre, c'est à table qu'il se prend, et non devant la télévision! On conseille souvent de composer le goûter de la même manière qu'un petit déjeuner, mais avec de plus faibles quantités. Les aliments à privilégier sont sensiblement les mêmes que ceux de la collation. A une chose près: comme le goûter se prend le plus souvent à la maison, en revenant de l'école ou du travail, il pourra être un peu plus « apprêté » que la collation, et se manger avec des couverts! Un riz au lait maison, un tranche de pain grillée, un fromage blanc aux fruits frais, un bol de soupe ou même une crêpe, peuvent donc trouver leur place à la table du goûter. Pour les enfants comme pour les adultes, le goûter doit permettre de patienter jusqu'au repas du soir sans être trop copieux, pour ne pas couper l'appétit.

Magali Jacobs, Diététicienne
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