LE MAGAZINE DES SAINES GOURMANDISES
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 Article - La Cerise N° 19 Avril - Mai

Les colorants de notre alimentation

La présence d’additifs dans les aliments n’est jamais totalement rassurante. Mais faut-il réellement s’inquiéter à propos de la présence de colorants dans certaines denrées?

Les belles couleurs des fruits et des légumes nous invitent à les croquer. Mais il en va de même pour les colorants de différents aliments: bonbons bien sûr, mais aussi sodas et autres limonades, yaourts, conserves de fruits, crèmes dessert, crèmes glacées, glaces à l’eau... Les colorants donnent aux aliments un aspect plus appétissant et sont plus souvent utilisés qu’on ne le croit. Sans eux, les cerises des cocktails de fruits en conserve seraient... blanches! Comme la grenadine, le yaourt aux fraises, ou la glace (pas seulement vanille mais aussi fraise, pistache, café...). Avouez que ça nous ferait tout drôle! Dans une certaine mesure, on a donc pris l’habitude de consommer des colorants. Mais peut-on faire totalement confiance aux artifices de l’industrie pour donner ou accentuer la couleur de certains aliments? Prenons un peu de recul pour analyser la question.

Les colorants, oui ou non?

Les colorants suscitent bien des controverses. La loi offre un bon garde-fou puisque la législation définit quels sont les colorants permis et leur concentration maximale acceptable dans les aliments. Les limites fixées ont été établies sur des bases scientifiques et des avis d’experts. Malgré cela, tout le monde n’accepte pas facilement les colorants. Certains estiment la législation un peu trop laxiste, et d’autres jugent que ces additifs, même s’ils sont inoffensifs, ne sont pas nécessaires dans nos aliments et devraient donc être abandonnés. Oui mais voilà, à la longue, nous nous y sommes habitués, et les colorants participent à l’attrait des denrées alimentaires. Autant vous dire que les industriels ne sont pas prêts de les laisser tomber... Et puis, tant que l’on reste dans une consommation raisonnable, nous ne risquons rien car notre corps est parfaitement capable d’éliminer les colorants que nous absorbons. Les experts ont calculé, pour chaque substance, une dose journalière acceptable (DJA), exprimée par kilo de poids corporel. Mais malgré cela, certains colorants sont plus susceptibles de poser problèmes: ceux qui induisent plus souvent des allergies ou des intolérances, et ceux qui ont une Dose Journalière Admissible (DJA) basse et pour lesquels on risque donc plus facilement de dépasser les quantités considérées comme sans danger.

Bonbons: les limites

Test-Achats s’est penché sur le cas des bonbons, généralement très riches en colorants. Les bonbons en vrac, vendus entre autres dans les cinémas et sur les marchés, suscitent particulièrement la controverse car ils ne sont pas soumis à une obligation d’étiquetage. Or, pour toutes les autres denrées alimentaires fabriquées par l’industrie, le fabriquant est tenu d’apposer la liste des ingrédients sur l’emballage. C’est assez problématique parce que le consommateur n’a pas la possibilité de savoir ce qu’il achète, ce qui peut poser problème s’il est allergique à certains composants par exemple. Test-Achats s’est attelé à l’analyse de bonbons vendus en vrac, afin de vérifier quels étaient les colorants présents dans ces bonbons et à quelle dose. Les analyses se sont focalisées sur certains types de colorants dont on sait qu’ils peuvent poser problème pour la santé (liens avec allergies ou autres pathologie, ou faible DJA qui serait donc facilement dépassée). Résultat des courses: un grand ouf de soulagement! En effet, la grande majorité des bonbons analysés respectent les concentrations maximales en colorants qui sont imposées par la législation. Malgré tout, il existe une ombre au tableau: sur les 50 échantillons analysés, 4 n’étaient pas conformes à la législation. Trois sortes de bonbons dépassaient les teneurs maximales autorisées pour certaines substances, et un autre contenait un colorant interdit dans les bonbons! Test-Achats estimait que ces écarts étaient tout de même assez inquiétants vu que la législation en la matière est déjà (trop) permissive à leur goût. Concernant les produits vendus en vrac, la célèbre association de consommateurs suggère que les magasins mettent une liste des ingrédients de ces produits à disposition des consommateurs, ce qui pourrait se faire sous la forme d’un registre ou de fiches d’ingrédients à emporter par exemple.

Les enfants, surtout

Même si la question des colorants concerne tout le monde, les enfants méritent une attention particulière en raison de leur petite taille et du fait que de nombreux aliments colorés leur sont destinés. La DJA, comme nous le disions plus haut, est exprimée en fonction du poids corporel. Les enfants, plus petits et moins lourds que les adultes, atteignent donc plus vite leur dose maximale, et ce d’autant plus qu’ils mangent autant, si pas plus, de produits contenant des colorants que les adultes. Pour s’assurer que nos bambins n’absorbent pas trop de colorants, surtout les enfants en bas âge, promouvoir une alimentation équilibrée est la meilleure solution. En effet, les colorants sont surtout présents en grandes quantités dans les bonbons et les sodas... bref, des aliments qui n’occupent pas une grande place dans une alimentation équilibrée. Pour les boissons, préférez donc l’eau ou les jus de fruits aux sodas ou à la grenadine, souvent colorés artificiellement. Et pour les bonbons, ils sont bien entendu permis, mais le tout est de rester modéré dans les quantités!

Magali Jacobs
Diététicienne
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